Pollux et le manège enchanté

Pollux et le manège enchantéLa vie s’écoule paisiblement dans le petit village de Bois Joli pour Pollux et ses amis jusqu’au jour où la gourmandise de Pollux va mettre en danger la vie de Margote. Accidentellement libéré le méchant Zabadie menace de recouvrir de glace toute la planète. Dernier espoir de Pollux et ses amis : retrouver les trois diamants du manège enchanté.

Le « Manège Enchanté » enfin sur grand écran, beaucoup d’adulescents en ont rêvé, un studio français l’a fait ! Pourtant au réjouissement initial à l’annonce de la mise en chantier du projet succéda une certaine peur : et si le film n’exploitait pas la veine gloubiboulga préférant s’attirer les faveurs d’un jeune public gavé de Disney ? En fait ni l’un ni l’autre car toute la prouesse de ce « Manège Enchanté » réside dans l’impossible pari de convaincre à la fois petits et grands, pour peu que l’on oublie un peu les récents rejetons de Pixar et autres Dreamworks.

Faisons un brin d’histoire pour commencer. Le « Manège Enchanté » (ou « The Magic Roundabout » en VA) est d’abord une série d’animation avec des marionnettes créée en 1964 par un certain Serge Danot. Succédant au populaire « Bonne nuit les petits », cette nouvelle série courte (épisodes de 5 minutes) en stop-motion envahit les écrans de l’ORTF en ce 5 octobre 1964. Le succès est immédiat et près de 500 épisodes verront le jour dont la dernière fournée remonte aux débuts des années 90, année qui marque aussi la disparition de Serge Danot. Martine Danot ainsi que Raoff Sanoussi, animateur au studio de la Feuillée (fondé par Serge Danot), prennent alors en charge la destinée de Pollux.

Même si le succès en France est immédiat dès 1964, la série devient un véritable phénomène de société Outre-Manche ou Pollux porte le nom de Dougall. Ainsi les aventures de Pollux (apparu seulement au septième épisode pour l’anecdote), Zébulon, Flappy, Azalée, Ambroise et leurs amis deviennent immédiatement cultes. Il est vrai qu’aujourd’hui les marionnettes peuvent paraître désuètes et les scénarios, format court oblige, assez peu recherchés. Mais cela n’enlève rien au charme de la série d’antan, fleuron parmi d’autres du savoir-faire français en terme d’animation.

Faire renaître cet épisode marquant de notre histoire télévisuelle avait tout du pari osé. Ce sont les récents succès des films d’animation en général et des productions françaises en particulier (« Les Triplettes de Belleville » pour n’en citer qu’un) qui ont facilité la gestation de ce projet. Notons au passage qu’un long-métrage avait déjà vu le jour, « Pollux et le chat bleu » en 1970. À l’origine de ce nouveau long, on retrouve Jean Duval, co-réalisateur du film, et Laurent Rodon, co-fondateur avec son frère Pascal du studio marseillais « Action Synthèse », créé spécialement pour l’occasion. L’idée de proposer un film 3D s’est imposé dès le départ à l’équipe. Pour le financement, les producteurs ont dû faire appel aux britanniques ravis de pouvoir participer à l’adaptation d’une série culte dans leur pays. Il faut bien avouer que le résultat à l’écran est des plus convaincant. Les verts pâturages du village de Bois Joli ou le pelage de ce cher Pollux ne manquent en effet pas de charme. Un peu lisse par moment, les décors ne manquent pourtant pas de variété, permettant ainsi de faire oublier le charme daté du manège de la belle époque.

Côté voix, rien à redire. Henri Salvador est tout simplement parfait pour incarner la voix « so british » si particulière de Pollux. On retrouve également au casting vocal entre autres, Vanessa Paradis, Dany Boon ou Eddy Mitchell tous parfaits dans leurs rôles parlés ou chantés. Car le « Manège Enchanté » s’adressant avant tout à un jeune public, il n’est pas étonnant d’y retrouver quelques chansons qui fleurent bon la nostalgie. Alors certes, on est à mille lieux de toutes les productions américaines récentes. Ici nul second degré et le scénario est d’une simplicité adaptée aux chérubins. Pourtant à l’heure de la satire tout azimut, il est réconfortant de trouver avec le « Manège Enchanté » un produit estampillé 100% nostalgie. Qu’aurait été le film sous l’influence directe d’un « Shrek » ? Peut-être aurait-il eu plus de succès auprès des grands enfants mais pas sur que la magie du Bois Joli ait aussi bien fonctionné.

Alors certes le scénario est lisse et sans surprise. Mais l’ennui a aucun moment ne vient poindre le bout de sa truffe humide. Au contraire, les pérégrinations de cette joyeuse troupe, Pollux en tête, nous entraîne dans le souvenir ému de nos jeunes années. Insouciance, joie de vivre, situations décalées (fausse torture à grands renfort de sucre) nous replonge dans l’enfance. Impossible de ne pas succomber à la bonne humeur communicative de tous ces personnages attachants. Alors oui les enfants apprécieront mais les parents aussi pour peu qu’ils retrouvent, le temps du film, leur âme d’enfant.

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